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ToggleLes Incoterms 2025 représentent la dernière mise à jour des règles internationales qui définissent les responsabilités des acheteurs et vendeurs dans le commerce international. Publiés par la Chambre de Commerce Internationale (CCI), ces termes standardisés clarifient qui assume les coûts, les risques et les obligations logistiques lors des transactions transfrontalières. Cette nouvelle version, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2025, apporte des modifications significatives pour répondre aux défis modernes du commerce mondial : digitalisation accrue, préoccupations environnementales et complexification des chaînes logistiques. Comprendre ces changements est fondamental pour tout acteur du commerce international souhaitant sécuriser ses opérations et optimiser ses coûts.
Fondamentaux des Incoterms et évolution vers la version 2025
Les Incoterms (International Commercial Terms) constituent un langage commercial universel créé en 1936 par la CCI. Leur objectif premier reste inchangé : réduire les malentendus contractuels en standardisant les pratiques commerciales internationales. Régulièrement mis à jour pour refléter l’évolution des pratiques commerciales, les Incoterms ont connu des révisions majeures en 1980, 1990, 2000, 2010 et 2020.
La transition vers les Incoterms 2025 marque un tournant dans cette évolution, avec un cycle de révision raccourci à cinq ans au lieu des dix années habituelles. Cette accélération témoigne de la rapidité des changements affectant le commerce mondial : transformation digitale, nouvelles réglementations douanières post-COVID, et préoccupations environnementales grandissantes.
Principes fondamentaux maintenus
Malgré les modifications, les Incoterms 2025 conservent leur structure fondamentale en 11 termes, divisés en deux catégories principales :
- Les règles pour tout mode de transport : EXW, FCA, CPT, CIP, DAP, DPU et DDP
- Les règles pour le transport maritime et fluvial uniquement : FAS, FOB, CFR et CIF
Chaque Incoterm continue de définir précisément quatre aspects fondamentaux de la transaction :
- La répartition des coûts entre acheteur et vendeur
- Le transfert des risques relatifs à la marchandise
- Les responsabilités documentaires et administratives
- Les obligations d’assurance
La révision 2025 maintient la clarification initiée en 2020 concernant le niveau de couverture d’assurance pour les termes CIP et CIF, avec une distinction nette entre la couverture standard pour CIF et la couverture étendue pour CIP.
Contexte de la révision 2025
La révision anticipée des Incoterms s’explique par plusieurs facteurs contextuels majeurs :
Les perturbations logistiques mondiales consécutives à la pandémie ont mis en lumière les lacunes des termes existants face à des situations de force majeure prolongées. Les questions de responsabilité environnementale et de durabilité deviennent centrales dans les échanges internationaux, nécessitant une clarification des obligations relatives aux emballages écologiques et à l’empreinte carbone des transports.
La digitalisation accélérée du commerce international, avec l’émergence des documents électroniques, de la blockchain pour les lettres de crédit, et des plateformes de suivi en temps réel des marchandises, exigeait une adaptation des termes aux réalités technologiques actuelles.
Enfin, les tensions géopolitiques et l’instabilité réglementaire ont renforcé le besoin de clarté concernant les responsabilités en cas de sanctions économiques, d’embargos ou de changements soudains dans les politiques douanières nationales.
Analyse détaillée des principales modifications des Incoterms 2025
Les Incoterms 2025 introduisent plusieurs changements significatifs qui reflètent l’évolution des pratiques commerciales internationales et répondent aux défis contemporains. Ces modifications visent à apporter plus de clarté et à adapter les règles aux réalités du commerce mondial actuel.
Intégration des documents électroniques
La révision 2025 reconnaît pleinement l’équivalence juridique entre documents papier et documents électroniques. Cette modification majeure répond à la digitalisation croissante des transactions internationales et facilite l’adoption des solutions dématérialisées. Désormais, les clauses des Incoterms précisent explicitement que les obligations documentaires peuvent être satisfaites par voie électronique, sauf disposition contraire dans le contrat.
Cette évolution s’accompagne de précisions concernant la valeur probante des signatures électroniques et l’acceptabilité des connaissements électroniques (e-Bill of Lading) dans le cadre des termes nécessitant la présentation de documents pour le transfert de propriété ou le paiement.
Clarifications sur les responsabilités liées aux formalités douanières
Face à la complexification des procédures douanières post-COVID et aux tensions commerciales internationales, les Incoterms 2025 apportent des précisions substantielles concernant les obligations relatives aux formalités douanières :
- Distinction plus nette entre les formalités d’exportation, de transit et d’importation
- Clarification des responsabilités concernant les licences et autorisations spéciales
- Précisions sur la gestion des procédures sanitaires et phytosanitaires
Le terme DDP (Delivered Duty Paid) bénéficie d’une refonte particulière avec une meilleure définition des limites de responsabilité du vendeur concernant les formalités dans le pays d’importation, notamment en matière de TVA et taxes indirectes.
Introduction de considérations environnementales
Pour la première fois, les Incoterms 2025 intègrent des dispositions relatives aux responsabilités environnementales. Ces nouvelles clauses concernent principalement :
Les obligations liées aux emballages durables et à leur recyclage, avec une répartition claire des responsabilités entre acheteur et vendeur. Les questions relatives à la compensation carbone des transports internationaux, précisant qui de l’acheteur ou du vendeur assume les coûts liés aux mécanismes de compensation ou aux taxes carbone.
Cette évolution reflète l’importance croissante des considérations ESG (Environnementales, Sociales et de Gouvernance) dans le commerce international et la nécessité de clarifier les responsabilités dans ce domaine.
Révision du terme FCA pour les conteneurs maritimes
Le terme FCA (Free Carrier) fait l’objet d’une révision significative concernant son application aux expéditions par conteneurs maritimes. La version 2025 clarifie le moment exact du transfert de risque lorsque la livraison s’effectue dans les locaux du vendeur avec chargement dans un conteneur destiné au transport maritime.
Cette modification résout une ambiguïté persistante dans les versions précédentes et facilite l’utilisation du terme FCA avec les lettres de crédit nécessitant un connaissement maritime avec mention « à bord ».
Adaptations aux nouvelles pratiques de transport multimodal
La croissance du transport multimodal et l’émergence de nouvelles routes commerciales comme la Nouvelle Route de la Soie ont motivé des ajustements dans les termes applicables à tous modes de transport. Les Incoterms 2025 apportent notamment :
Des précisions sur l’application des termes CPT et CIP aux transports combinant plusieurs modes (rail-route-mer). Une meilleure définition des responsabilités lors des phases de transbordement. Des clarifications concernant la documentation spécifique au transport multimodal.
Ces modifications répondent à l’évolution des chaînes logistiques mondiales qui privilégient désormais les solutions de transport intégrées pour optimiser coûts et délais.
Guide pratique d’application des Incoterms 2025 par secteur d’activité
L’impact des Incoterms 2025 varie considérablement selon les secteurs d’activité et la nature des marchandises échangées. Ce guide sectoriel permet aux entreprises d’identifier les termes les plus adaptés à leurs opérations spécifiques et d’anticiper les changements nécessaires dans leurs pratiques contractuelles.
Secteur industriel et biens d’équipement
Pour les fabricants de biens d’équipement et de machines industrielles, les modifications des Incoterms 2025 présentent des implications particulières :
Le terme DAP (Delivered At Place) reste privilégié pour les livraisons de machines nécessitant une installation sur site, mais bénéficie désormais de clarifications concernant les responsabilités en matière de déchargement et de manipulation spécialisée. L’intégration des considérations environnementales affecte directement les obligations relatives aux emballages industriels et aux matériaux de calage, souvent volumineux et problématiques en termes de recyclage.
Pour les transactions impliquant des équipements sensibles ou de haute valeur, la révision du niveau de couverture d’assurance pour le terme CIP offre une protection renforcée, particulièrement adaptée à ce secteur. Les entreprises industrielles devraient privilégier les termes :
- FCA pour les expéditions régulières vers des clients habitués à gérer l’importation
- DAP ou DPU pour les livraisons complètes incluant le transport jusqu’au site du client
- CIP pour les envois nécessitant une couverture d’assurance étendue
Secteur agroalimentaire et denrées périssables
Les acteurs du secteur agroalimentaire doivent porter une attention particulière aux modifications des Incoterms 2025 en raison des contraintes spécifiques liées à la périssabilité des produits et aux exigences sanitaires :
Les clarifications concernant les formalités douanières dans les termes DDP et DAP sont cruciales pour ce secteur soumis à des contrôles sanitaires et phytosanitaires rigoureux. La nouvelle version précise les responsabilités en cas de retards aux frontières liés à ces contrôles.
Pour les produits réfrigérés ou congelés, les révisions des termes CIP et CIF apportent des précisions importantes sur la continuité de la chaîne du froid et les responsabilités en cas de rupture de celle-ci pendant le transport.
Les termes recommandés pour ce secteur incluent :
- CIP avec assurance étendue pour les denrées de valeur nécessitant une température contrôlée
- DAP pour les livraisons directes aux distributeurs ou transformateurs
- FCA pour les exportateurs travaillant avec des importateurs expérimentés
Commerce électronique et biens de consommation
Le secteur du e-commerce et des biens de consommation bénéficie particulièrement des adaptations des Incoterms 2025 à l’ère digitale :
La reconnaissance formelle des documents électroniques facilite l’intégration des Incoterms dans les plateformes de commerce en ligne et les systèmes automatisés de gestion des commandes internationales.
Les précisions apportées au terme DDP sont particulièrement pertinentes pour les modèles de vente directe au consommateur (D2C) où l’expérience client exige une transparence totale sur les coûts finaux, sans surprises liées aux taxes d’importation.
Les considérations environnementales nouvellement introduites répondent aux attentes croissantes des consommateurs concernant les emballages durables et l’impact écologique des livraisons internationales.
Pour ce secteur, les termes à privilégier sont :
- DDP pour les ventes directes aux consommateurs finaux
- DAP pour les livraisons aux centres de distribution locaux
- FCA pour les expéditions volumineuses vers des importateurs professionnels
Matières premières et vrac
Le commerce des matières premières et des marchandises en vrac présente des spécificités que les Incoterms 2025 prennent mieux en compte :
Les termes maritimes (FOB, CFR, CIF) restent prédominants dans ce secteur et bénéficient de clarifications concernant le moment précis du transfert de risque lors du chargement en vrac sur les navires.
L’introduction des considérations environnementales affecte particulièrement ce secteur, avec des précisions sur les responsabilités relatives aux déversements accidentels et à la conformité aux réglementations environnementales maritimes comme la convention MARPOL.
Pour les matières premières stratégiques ou soumises à des restrictions commerciales, les clarifications concernant les licences d’exportation et d’importation apportent une sécurité juridique accrue.
Les termes recommandés pour ce secteur sont :
- FOB pour les exportateurs de matières premières en vrac
- CIF pour les transactions où le vendeur maîtrise la chaîne logistique
- DAP pour les livraisons jusqu’aux installations industrielles de transformation
Services et biens immatériels
Bien que les Incoterms soient principalement conçus pour les marchandises physiques, la version 2025 offre des points de repère utiles pour les transactions impliquant des services ou des biens immatériels :
La reconnaissance des documents électroniques facilite l’application de certains principes des Incoterms aux livraisons de logiciels ou de contenus numériques nécessitant une documentation technique ou des licences.
Pour les contrats mixtes combinant fourniture d’équipements et services associés, les clarifications des termes DAP et DPU permettent de mieux délimiter les responsabilités entre la livraison physique et les prestations immatérielles.
Les entreprises de ce secteur peuvent s’inspirer des principes des Incoterms pour structurer leurs contrats internationaux, en adaptant les concepts de transfert de risque et de responsabilité aux spécificités des biens immatériels.
Stratégies d’adaptation pour les entreprises face aux Incoterms 2025
L’entrée en vigueur des Incoterms 2025 ne constitue pas une simple mise à jour technique mais nécessite une véritable stratégie d’adaptation pour les entreprises engagées dans le commerce international. Cette transition représente une opportunité de réévaluer et d’optimiser les pratiques commerciales existantes.
Audit des contrats commerciaux existants
La première étape consiste à réaliser un audit complet des contrats commerciaux en cours pour identifier ceux qui seront affectés par les modifications des Incoterms :
Il convient d’examiner systématiquement les clauses faisant référence aux Incoterms dans les contrats cadres, les conditions générales de vente et les bons de commande. Une attention particulière doit être portée aux contrats de longue durée qui s’étendront au-delà du 1er janvier 2025, date d’entrée en vigueur des nouveaux Incoterms.
Pour les contrats mentionnant simplement « Incoterms » sans préciser la version, il est recommandé d’ajouter un avenant clarifiant quelle version s’applique (2020 ou 2025) pour éviter toute ambiguïté juridique.
Cette phase d’audit permet également d’identifier les opportunités d’optimisation offertes par les nouvelles dispositions, notamment concernant la documentation électronique ou les responsabilités environnementales.
Formation du personnel et mise à jour des procédures
La maîtrise des Incoterms 2025 par les équipes commerciales, logistiques et juridiques constitue un facteur clé de succès dans leur mise en œuvre :
Un programme de formation adapté aux différents métiers de l’entreprise doit être déployé, avec des modules spécifiques pour les vendeurs, les acheteurs, les logisticiens et les responsables douane. Les outils internes doivent être mis à jour : logiciels de gestion des commandes, modèles de documents commerciaux, guides et procédures opérationnelles.
La nomination d’un référent Incoterms au sein de l’organisation peut faciliter cette transition en centralisant l’expertise et en assurant la cohérence des pratiques entre les différents services.
Les entreprises disposant d’un réseau international devraient organiser des sessions de partage de bonnes pratiques entre filiales pour harmoniser l’approche globale tout en tenant compte des spécificités régionales.
Renégociation stratégique avec les partenaires commerciaux
L’évolution des Incoterms offre une occasion légitime de renégocier certains aspects des relations commerciales établies :
La transition vers les Incoterms 2025 peut justifier une révision des termes de livraison habituels, notamment pour intégrer les nouvelles considérations environnementales ou tirer parti des clarifications apportées aux termes existants.
Pour les relations commerciales stratégiques, il est recommandé d’organiser des réunions dédiées avec les partenaires pour discuter des implications des nouveaux Incoterms et s’accorder sur les adaptations nécessaires.
Cette phase de renégociation peut également être l’occasion de rééquilibrer certaines responsabilités ou de corriger des pratiques sous-optimales qui s’étaient installées avec les versions précédentes des Incoterms.
Adaptation des polices d’assurance transport
Les modifications des Incoterms 2025 concernant les obligations d’assurance nécessitent une révision des couvertures existantes :
Les entreprises utilisant les termes CIP et CIF doivent vérifier que leurs polices d’assurance transport correspondent aux niveaux de couverture requis par la nouvelle version. L’intégration des considérations environnementales peut nécessiter l’extension des garanties pour couvrir les risques de pollution ou les responsabilités liées à la gestion des emballages.
Un dialogue avec les courtiers ou assureurs est recommandé pour adapter les contrats d’assurance aux nouvelles exigences et responsabilités définies par les Incoterms 2025.
Mise à jour des systèmes d’information
La digitalisation croissante du commerce international, reconnue par les Incoterms 2025, implique une adaptation des systèmes d’information de l’entreprise :
Les ERP et logiciels de gestion commerciale doivent être mis à jour pour intégrer les nouveaux Incoterms et leurs implications en termes de calcul des coûts, de facturation et de documentation.
Les interfaces avec les plateformes douanières électroniques et les systèmes de déclaration d’échanges de biens doivent être adaptées pour refléter correctement les responsabilités définies par les nouveaux termes.
Pour les entreprises engagées dans la transformation digitale de leur chaîne d’approvisionnement, les Incoterms 2025 offrent un cadre propice à l’intégration de solutions blockchain pour la gestion des documents commerciaux ou le suivi des responsabilités environnementales.
Perspectives d’avenir et implications stratégiques des Incoterms 2025
Au-delà des aspects techniques et opérationnels, les Incoterms 2025 s’inscrivent dans des tendances de fond qui transforment le commerce international. Leur évolution reflète et influence simultanément les pratiques commerciales mondiales, offrant un éclairage sur les directions futures du négoce transfrontalier.
L’impact de la digitalisation sur les transactions internationales
La reconnaissance formelle des documents électroniques dans les Incoterms 2025 marque une étape décisive vers la dématérialisation complète des transactions internationales :
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de digitalisation des chaînes d’approvisionnement, avec l’émergence de plateformes intégrées permettant le suivi en temps réel des marchandises et la gestion automatisée des documents commerciaux.
Les technologies blockchain et smart contracts trouvent un terrain d’application idéal dans le cadre défini par les nouveaux Incoterms, notamment pour automatiser le transfert des risques et des responsabilités à des points précis de la chaîne logistique.
Les entreprises qui sauront combiner maîtrise des Incoterms 2025 et technologies digitales bénéficieront d’un avantage compétitif significatif, notamment en termes de réduction des délais administratifs et de minimisation des erreurs documentaires.
Vers un commerce international plus responsable
L’intégration des considérations environnementales dans les Incoterms 2025 témoigne d’une évolution profonde des priorités du commerce mondial :
Cette innovation juridique facilite l’incorporation d’objectifs de développement durable dans les transactions commerciales courantes, en clarifiant qui assume les coûts et responsabilités liés à la réduction de l’empreinte environnementale.
Les précisions concernant les emballages durables et la compensation carbone s’alignent avec les exigences croissantes des consommateurs et des régulateurs en matière de transparence environnementale.
À terme, ces dispositions pourraient favoriser l’émergence de pratiques commerciales plus vertueuses, où le choix des Incoterms refléterait non seulement des considérations économiques mais aussi des engagements environnementaux partagés entre partenaires commerciaux.
Adaptation aux nouvelles géographies commerciales
Les clarifications apportées aux termes applicables au transport multimodal reflètent les transformations géographiques du commerce mondial :
L’essor de nouvelles routes commerciales comme la Nouvelle Route de la Soie ou les corridors nord-sud entre l’Asie et l’Europe nécessitait une adaptation des Incoterms aux spécificités du transport ferroviaire longue distance combiné à d’autres modes.
Les précisions concernant les responsabilités lors des transbordements facilitent le développement de chaînes logistiques complexes traversant plusieurs juridictions avec des niveaux variables de digitalisation douanière.
Cette évolution accompagne la diversification géographique des chaînes d’approvisionnement, tendance accélérée par les tensions commerciales internationales et la recherche de résilience post-pandémie.
Implications juridiques et gestion des risques
Les modifications des Incoterms 2025 s’accompagnent d’implications juridiques significatives pour la gestion des risques commerciaux :
Les précisions concernant le moment exact du transfert de risque dans certains termes (notamment FCA) réduisent les zones d’ambiguïté juridique qui pouvaient donner lieu à des litiges coûteux.
L’adaptation aux nouvelles réalités de la cybersécurité et de la protection des données dans le contexte de la digitalisation des documents commerciaux ouvre de nouvelles perspectives en matière de responsabilité.
Les entreprises devront intégrer ces évolutions dans leurs politiques de gestion des risques et leurs stratégies d’assurance, en collaboration avec leurs conseils juridiques et leurs risk managers.
Vers une intégration plus poussée avec les autres instruments du commerce international
Les Incoterms 2025 s’inscrivent dans un écosystème de règles et pratiques internationales en constante évolution :
La compatibilité avec les Règles et Usances Uniformes relatives aux crédits documentaires (RUU 600) est renforcée, notamment concernant l’acceptabilité des documents électroniques.
Les interactions avec la Convention de Vienne sur la vente internationale de marchandises (CVIM) et les Principes d’UNIDROIT relatifs aux contrats du commerce international sont clarifiées, offrant un cadre juridique plus cohérent.
Cette intégration facilite la construction de contrats commerciaux internationaux robustes, combinant efficacement différents instruments juridiques complémentaires.
Les meilleures pratiques pour une transition réussie vers les Incoterms 2025
La transition vers les Incoterms 2025 représente un défi organisationnel que les entreprises doivent aborder de manière méthodique. Adopter les meilleures pratiques dès maintenant permet non seulement de minimiser les risques liés au changement mais aussi de transformer cette évolution réglementaire en avantage concurrentiel.
Planification anticipée et définition d’une feuille de route
Une approche proactive de la transition constitue un facteur clé de succès :
Établir un calendrier détaillé couvrant la période précédant l’entrée en vigueur des Incoterms 2025, avec des jalons précis pour chaque étape de la transition : audit des contrats existants, formation des équipes, adaptation des systèmes d’information, communication aux partenaires commerciaux.
Constituer une équipe projet multidisciplinaire regroupant des représentants des services commerciaux, juridiques, logistiques, douaniers et informatiques pour assurer une approche holistique de la transition.
Définir des indicateurs de performance permettant de mesurer le succès de la transition : taux de mise à jour des contrats, niveau de maîtrise des nouveaux Incoterms par les équipes, réduction des litiges liés aux conditions de livraison.
Développement d’outils d’aide à la décision
Pour faciliter l’appropriation des Incoterms 2025 par les équipes opérationnelles, le développement d’outils pratiques s’avère particulièrement efficace :
Créer des matrices de décision permettant d’identifier rapidement l’Incoterm le plus adapté selon le type de marchandise, le mode de transport, la destination et le profil du client.
Élaborer des fiches synthétiques pour chaque Incoterm 2025, mettant en évidence les changements par rapport à la version 2020 et les points d’attention spécifiques.
Développer des calculateurs de coûts intégrant les implications financières des différents Incoterms, permettant aux commerciaux d’évaluer rapidement l’impact des conditions de livraison sur la rentabilité d’une transaction.
Communication proactive avec les partenaires commerciaux
Une communication claire et anticipée avec l’écosystème commercial de l’entreprise favorise une transition harmonieuse :
Informer les clients et fournisseurs des changements à venir et de leurs implications pratiques, en adaptant le message selon le niveau de sophistication des interlocuteurs en matière de commerce international.
Organiser des webinaires ou sessions d’information à destination des partenaires commerciaux stratégiques pour présenter les principales modifications des Incoterms 2025 et discuter des adaptations nécessaires.
Préparer des FAQ et documents explicatifs à intégrer dans les communications commerciales pour faciliter la compréhension des changements par tous les acteurs de la chaîne de valeur.
Exploitation des opportunités d’optimisation logistique et fiscale
Les modifications des Incoterms 2025 ouvrent des possibilités d’optimisation qu’il convient d’explorer méthodiquement :
Réaliser une analyse comparative des différents scénarios de livraison possibles sous les nouveaux Incoterms, en évaluant leurs implications en termes de coûts logistiques, de trésorerie et de risques.
Examiner les opportunités d’optimisation fiscale liées au choix des Incoterms, notamment concernant la TVA et les taxes douanières, en collaboration avec les experts fiscaux de l’entreprise.
Évaluer les possibilités de mutualisation logistique facilitées par certains Incoterms, permettant de réduire l’empreinte environnementale tout en optimisant les coûts de transport.
Documentation et standardisation des pratiques
La formalisation des nouvelles pratiques garantit leur pérennité et leur application cohérente au sein de l’organisation :
Mettre à jour les procédures opérationnelles standardisées (SOP) intégrant les spécificités des Incoterms 2025 pour chaque type de transaction internationale.
Réviser les modèles de contrats et conditions générales pour refléter précisément les nouvelles dispositions, en collaboration avec les services juridiques.
Établir un registre des décisions documentant les choix d’Incoterms pour les différentes routes commerciales et catégories de produits, avec les justifications associées, créant ainsi une mémoire organisationnelle précieuse pour les futures négociations.
Développer un processus d’amélioration continue permettant de capitaliser sur les retours d’expérience et d’affiner progressivement les pratiques liées aux Incoterms 2025.
FAQ sur les Incoterms 2025
Q: Quand les Incoterms 2025 entreront-ils officiellement en vigueur?
R: Les Incoterms 2025 entreront en vigueur le 1er janvier 2025. Toutefois, les parties contractantes peuvent choisir de les adopter avant cette date en le spécifiant explicitement dans leurs contrats.
Q: Les contrats faisant référence aux Incoterms 2020 resteront-ils valables après janvier 2025?
R: Oui, les contrats spécifiant explicitement l’utilisation des Incoterms 2020 (ou de versions antérieures) resteront régis par ces versions, même après l’entrée en vigueur des Incoterms 2025.
Q: Comment savoir quelle version des Incoterms s’applique si le contrat mentionne simplement « Incoterms » sans préciser l’année?
R: En l’absence de précision sur la version, la jurisprudence tend à considérer que la version en vigueur au moment de la conclusion du contrat s’applique. Pour éviter toute ambiguïté, il est fortement recommandé de toujours spécifier la version (par exemple, « FCA Paris Incoterms 2025 »).
Q: Les Incoterms 2025 introduisent-ils de nouveaux termes ou éliminent-ils des termes existants?
R: Non, les Incoterms 2025 maintiennent la structure en 11 termes établie dans la version 2020. Les modifications concernent principalement des clarifications, des adaptations aux pratiques digitales et l’intégration de considérations environnementales.
Q: Comment les Incoterms 2025 abordent-ils les questions de durabilité environnementale?
R: Les Incoterms 2025 introduisent pour la première fois des dispositions explicites concernant les responsabilités environnementales, notamment relatives aux emballages durables, à leur recyclage et aux mécanismes de compensation carbone pour les transports internationaux.